MUSÉE CALVET

Musée des beaux-arts et d'archéologie d'Avignon

 

Un musée moderne... L'hôtel de Villeneuve-Martignan, dans lequel est installée une partie du musée Calvet, est l'un des plus prestigieux bâtiments occupé par la Fondation. Ce magnifique hôtel de style franco-italien du XVIIIe siècle, entre cour en calade et jardin, fut construit par Jean-Baptiste Franque, assisté de son fils François. S'y ajoute, attenant, le bel hôtel particulier acheté par la ville au début du XXe siècle à la famille de Montlaur. Le musée Calvet abrite aujourd'hui les oeuvres d'art du XVIe au XXe siècle, et contient d'innombrables fonds donnés ou légués par des mécènes, amateurs d'art et collectionneurs, tels le baron de Montfaucon, Esprit Requien, Noël Biret, et dernièrement Marcel Puech. En 1983, lorsque la Ville d'Avignon décide de scinder musée et bibliothèque, elle entreprend de vastes travaux de réaménagement. La réouverture du musée en 1996 permet le déploiement des collections à travers l'occupation de l'espace monopolisé jusqu'alors par la bibliothèque. Des bâtiments modernes et un volume repensé par l'architecte Philippe Dubois permettent de mettre en valeur des collections constamment enrichies, et ce notamment grâce à la vigoureuse politique d'acquisition menée par la Fondation Calvet.


L'histoire du Musée Calvet

L’importance de ses collections a valu au musée Calvet d’être considéré comme "Musée de France". Il compte des dizaines de milliers de numéros à l’inventaire, qui appartiennent à des domaines aussi divers que l’archéologie, les beaux-arts (peintures, sculptures, dessins), les arts décoratifs (orfèvrerie, faïence et porcelaine, tapisserie, ferronnerie) et l’ethnologie (Asie, Océanie, Afrique).

Joseph-Ignace de Villeneuve-Martignan, élu en 1735 à vingt-deux ans au conseil de ville avait décidé un an auparavant de transformer l’ancien logis de sa famille, confiant les premiers travaux à l’architecte Thomas Lainée.

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En 1738, il devient premier consul et engage, trois ans plus tard, l’architecte Jean-Baptiste Franque et son fils François pour bâtir une demeure qui est encore aujourd’hui le plus bel hôtel seigneurial d’Avignon. Ruiné, il est contraint d’interrompre les travaux en 1753 et loue le rez-de-chaussée. Le bâtiment passera ensuite de mains en mains et sera transformé après la Révolution par ses propriétaires successifs jusqu’en 1833. La Ville d’Avignon l’acquiert alors pour y loger le musée municipal, trop à l’étroit dans l’ancien couvent Saint-Martial.

Les travaux menés par Renaux et d’Eyssautier ne laisseront, dans un état proche de celui du XVIIIe s., que l’escalier, la galerie basse, trois salons et une petite pièce de repos –dite Méridienne– donnant sur le jardin. Les façades, restaurées par les Monuments historiques de 1986 à 1991, sont dans un état très voisin de l’origine, de même que sont encore présents « les grands arbres du jardin » déjà célébrés par Stendhal, en 1837, dans ses Mémoires d’un touriste.

Si on lit difficilement ce qu’était l’économie générale de l’hôtel dans l’édifice actuel, on sait néanmoins que la cour d’entrée était fermée sur la rue par une porte de bois remplacée dès 1888 par l’actuel ouvrage de fer forgé dû au talent du ferronnier avignonnais Noël Biret.

L’entrée principale était située au centre, en haut d’un perron pentagonal. Au dessus de la porte figurent encore les armes de Villeneuve-Martignan et de son épouse, Henriette-Victoire de Sade. On trouvait à gauche les écuries, et à droite une aile d'appartement.

On pénètre aujourd’hui par le côté gauche, et l’on peut voir encore dans le salon d’accueil du musée un bel exemple de voûte plate, une spécialité des Franque qui furent à l’école de l’architecte de Versailles, Jules Hardouin-Mansart. De ce salon ou de la galerie basse, on passe dans l’escalier, superbe exemple d’ouvrage suspendu comme il en existe plusieurs à Avignon : bâti en pierre de Barbentane bleutée et en pierre de Fontvieille blanche, sa bichromie a inspiré la restauration du décor de stucs du plafond. Il mène au premier étage de l’hôtel, autrefois l’appartement, mais dont la construction de la galerie Vernet, en 1833, a détruit l’ordonnance.

L’aile principale de l’hôtel présente néanmoins, au rez-de-chaussée, cinq salons en enfilade dont les fenêtres sur le jardin ont conservé leurs embrasures sculptées, et pour deux d’entre eux les plafonds de stucs dorés ou peints, l’un avec des dragons chinois, l’autre sur le thème de la musique. Ces pièces en restauration -elles seront ouvertes en 2011- bénéficient d’un éclairage optimal grâce à l’orientation est-ouest de l’aile qui abrite aussi le jardin des fureurs du mistral. L’aile est elle-même bâtie sur des caves voûtées qui accueillaient les cuisines et un puits "encore en eau".

La façade sur le jardin est d’un très beau dessin : un seul étage orné de hautes fenêtres à frontons classiques rythmé de pilastres ioniques par paires, repose sur un rez-de-chaussée scandé de pilastres doriques. Une simple balustrade cache le toit de tuiles romaines et donne à l’ensemble une allure à la fois palladienne et très versaillaise.

historique-calvet2De l’autre côté, la Méridienne est un exemple assez rare, en Provence, de décor de stucs vers 1780 : le thème en est les saisons et la profusion de symboles pacifiques (rameaux d’olivier entourant des lances, oiseaux se becquetant) en fait un lieu aimable propice au repos. Restaurée en 2001 par les Monuments historiques et la Conservation du musée, elle est aujourd’hui intégrée au parcours des collections ainsi que la salle d'orfévrerie qui la précéde.

L’aile au fond du jardin a été construite au XIXe s. ; elle abritera les riches collections d’archéologie du musée en 2014. L’hôtel de Villeneuve-Martignan enserre au nord un autre hôtel du XVIIe s., dit de Montlaur, dans lequel seront présentées les collections de préhistoire et celles de ferronnerie données par Noël Biret. Enfin, sur un ancien espace de remise a été édifié par l’architecte Philippe Dubois, en 1991, la salle de la peinture flamande, hollandaise et allemande, "les Maîtres du Nord", autrefois cour de service.

Le Musée et l’hôtel où il est logé ont longtemps été célèbres pour les paons qui peuplaient le jardin : ceux-ci regagneront leur séjour lorsque les travaux de restauration seront achevés.


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