Un chef d'œuvre du Prado au musée Calvet




                                                             tract-150x210-v6


  Un chef-d’oeuvre du Prado à Avignon

   Cet été, le musée Calvet présente l’un des chefs-d’oeuvre du prestigieux musée du Prado, à Madrid : un Saint Sébastien peint en 1636 par José de Ribera
   (Valence,1591 – Naples, 1652). 

   Formé dans sa ville natale, le jeune Ribera est l’un des premiers à adhérer au mouvement caravagesque. Lorsque notre artiste arrive à Rome, dès 1615,
   Caravage (1571-1610) est déjà mort. Mais son oeuvre rayonne comme jamais : son style révolutionnaire va bientôt diffuser dans l’Europe entière. Ribera,
   lui, se fixe à Naples, à cette époque rattachée à la couronne d’Espagne. Cette cité bouillonnante de vie est l’une des places fortes du catholicisme, lancé
   alors dans une véritable «reconquête des âmes». 

   En effet, après les soubresauts de la Réforme et l’ébranlement de sa domination sur l’Europe, l’Eglise catholique, en ce début du XVIIe siècle, est portée
   par un puissant mouvement de renouveau, parti d’Espagne. Les nouveaux ordres religieux, au premier rang desquels figurent les Jésuites, prônent un art
   direct, sans fioriture, à même de toucher les fidèles les plus humbles. Celui-là même que pratiquent Ribera et, avant lui, Caravage. La peinture, l’architec-
   ture, la sculpture et la musique (c’est aussi le moment où éclate le génie de Claudio Monteverdi) s’associent pour chanter «la plus grande gloire de Dieu». 

   Ribera donne ici sa version d’une histoire sacrée très souvent mise en scène par les peintres. Sébastien, jeune et séduisant officier romain originaire de
   Narbonne, est condamné à être percé de flèches pour le punir d’avoir renversé «les idoles». L’histoire est censée se passer à Rome en 288, sous l’emp-
   ereur Dioclétien. Notons que, selon la Légende dorée, Sébastien ne devait pas mourir de cette première épreuve. Soigné par la pieuse Irène, il se rétablit
   et ce n’est qu’ensuite que le martyr, battu à mort, voit son corps meurtri jeté dans la Cloaca Maxima, le grand égout qui drainait la Ville Eternelle dans
   l’Antiquité. Son culte se développa dans toute la Chrétienté en raison du rôle qui lui fut attribué, à l’instar de saint Roch, dans la guérison des pestiférés.

 
   Sylvain Boyer, conservateur en chef du musée Calvet



   Ouvert tous les jours de 10h à 13h et de 14h à 18h - Fermé le mardi