L'ESPACE GREC

null

Articles et études



  Portrait d'Henri Metzger

  Les fouilles d'Henri Metzger à Xanthos nouveau


Panorama des fouilles de Xanthos nouveau



 

Dans le cadre de l’ouverture des nouvelles salles grecques au musée Lapidaire, un effort tout particulier a été consenti pour la documentation mise à la disposition du public. Après la plaquette relative aux vases et aux sculptures, le lexique des formes de vases, nous vous annonçons ici la parution d’un glossaire des principaux dieux grecs.

Chaque notice rédigée par Odile Cavalier, conservateur en chef chargée des collections antiques est accompagnée de délicates aquarelles dues à une artiste et historienne de l’art, Marie Corso, installée dans le Vaucluse (http://www.epoiesen.fr) qui collabore depuis plusieurs années avec le musée Calvet. Découvrez ici les divinités olympiennes. Les modèles, reproduits avec une impeccable fidélité, sont empruntés à des vases attiques classiques.

 


L’Olympe

Dans les poèmes homériques, l’Olympe, montagne située aux confins de la Macédoine et de la Thessalie, est le séjour des dieux, en particulier du plus notable d’entre eux, Zeus. Dans la religion grecque classique, les dieux principaux sont au nombre de douze. Le poète Pindare (518 - vers 438 av. J.-C.) évoque à Olympie l’existence de six autels des Douze Dieux (Dodecatheon). Mais cette conception des « Douze » qui demeura en usage jusqu’à la fin de l’Antiquité est de contenu très variable suivant les époques et les cités. Une liste qui se transmettra à l’époque romaine réunit Zeus, Héra, Poseidon, Déméter, Apollon, Artémis, Arès, Aphrodite, Hermès, Athéna, Hèphaïstos et Hestia. Une autre, établie à Délos, rassemble Zeus, Héra, Apollon, Artémis, Léto, Déméter, Corè, Zeus Eubouleus (Bon Conseiller) et probablement Poseidon, Aphrodite et Ilythie, déesse protectrice de l’accouchement. La personnalité des dieux a un fort ancrage régional. De plus, chaque cité est placée sous la protection d’une divinité poliade (de polis, cité). Certains cultes, celui de Pan notamment, se sont développés à partir du Ve siècle av. J.-C. De même, tout au long de leur histoire, les Grecs ont accueilli des cultes étrangers, dont celui de Cybèle, grande déesse originaire de Phrygie (une région de l’actuelle Turquie), ou de Bendis, une déesse thrace, identifiée, parfois, à Artémis. La religion grecque est un polythéisme : le divin s’incarne dans de multiples puissances et un anthropomorphisme : les dieux sont figurés sous forme humaine. Au demeurant, pour les Grecs, le sacré imprègne la nature toute entière : fleuves, fontaines, grottes. Par ailleurs, dès le Ve siècle av. J.-C., on observe le culte d’entités abstraites, personnifiant des qualités divines : Nikè, la Victoire, Eirénè, la Paix ou, à partir du IVe siècle av. J.-C., Homonoia, la Concorde, déesse de la vengeance, Démos, le Peuple.

Enfin, il convient de garder présent à l’esprit que l’iconographie des dieux ne repose pas sur un canon, figé de manière immuable, mais évolue au fil du temps. Ainsi, sur les vases attiques à figures noires, les dieux n’arborent pas toujours d’attributs permettant de les distinguer, discriminations qui caractérisent l’époque suivante, celle des vases à figures rouges. Les copies romaines d’originaux grecs, les monnaies préservent le souvenir de certaines statues cultuelles mais beaucoup d’entre-elles sont irrémédiablement perdues.

 

 



01---Aphrodite
Aphrodite

02---Apollon
Apollon

03---Ares
Arès

04---Artemis
Artémis

05---Athena
Athéna

06---Cybele
Cybèle

07---Demeter
Déméter

08---Dionysos
Dionysos

09---Dioscures
Dioscures

10---Eros
Eros

11---Hades
Hadès

 12---Hecate
Hécate
 13---Hera
Héra
 14---Heracles
Héraclès

 

   15---Hephaistos
Hèphaïstos

 

   16---Hermes
Hermès

 

   17---Hestia
Hestia

 

   18---Leto
Léto
 19---Pan
Pan
 20---Poseidon
Poseidon
 21---Zeus
Zeus
 


palmettes


La Grèce dans l'antiquité

L’histoire de la Grèce couvre une très longue période qui s’étend du Bronze moyen (1950-1580 av. J.-C.), date des premières invasions grecques, la fin du Ier siècle av. J.-C., qui marque l’asservissement de la Grèce, réduite à une province de l’Empire romain, celle d’Achaïe, créée en 27, av. J.-C. Pour autant, la fin de l’indépendance politique de la Grèce ne coïncide nullement avec la disparition de l’hellénisme et de ses valeurs. Toute la partie orientale de l’Empire demeura grecque du point de vue de la langue et de la culture. Les écoles philosophiques d’Athènes conservèrent également tout leur prestige. Enfin les cultes grecs, les mystères d’Eleusis, par exemple, ne cesseront pendant des siècles de drainer une large population. Aux yeux de certains historiens, l’hellénisme ne meurt symboliquement qu’en 415 après J.-C. seulement, date de la mise à mort par les chrétiens de la mathématicienne Hypatie, fille du dernier des philosophes du Musée d’Alexandrie.

L’espace grec proprement dit recouvre un territoire réduit, la Grèce continentale, à l’Ouest, les îles ioniennes, à l’Est, les Sporades du Nord, les Cyclades, Cythère, la Crète et les Sporades du Sud. Les Grecs se sont également installés sur le littoral de l’Asie Mineure (l’actuelle Turquie) où s’est développée au VIe siècle av. J.C., une civilisation brillante. Par ailleurs, à partir du VIIe siècle avant J.-C. et jusque dans les années 550-500 av. J.C., des colons grecs s’installèrent en Italie, en Sicile, en Occident, en Afrique, (Cyrénaïque, l’actuelle Libye), en Egypte, en Chalcidique, en Thrace, dans la Propontide et la Pontide (les régions de la Mer Noire), ou en Scythie. La colonisation de ces territoires déboucha sur la fondation de cités (Massalia, par exemple, l’actuelle Marseille) qui diffusèrent largement la civilisation hellénique à travers la langue, les cultes, l’urbanisme et l’art.

Odile Cavalier